Les Femmes figures emblématiques de la Révolution

  

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Les femmes ont été au cœur des grands événements de la Révolution française (1789-1799).
Bien qu'officiellement exclues du droit de vote et de la vie parlementaire, elles ont investi la scène publique par leurs écrits, leurs salons, leurs clubs, la presse et l'action de rue.
- Elles ont participé activement aux manifestations populaires, notamment la marche sur Versailles (5‑6 octobre 1789), où des milliers de femmes ont réclamé du pain et forcé le roi à revenir à Paris. (voir les Femmes du 6 octobre)
-Elles ont fondé des clubs politiques féminins, pour débattre et défendre leurs droits.
-Certaines ont pris les armes.
-D’autres sont devenues des figures emblématiques du militantisme féminin.
Ces femmes réclament l’égalité civile et politique, le droit à l’éducation et à la participation citoyenne. 
En 1793, les clubs féminins sont interdits : la Révolution, devenue plus radicale, rejette la participation politique des femmes.
Paradoxalement c'est une femme qui dès 1792 est choisi pour représenter la république: Marianne devient le symbole de la République.
Pourtant, leur action a ouvert la voie aux mouvements féministes du XIXᵉ siècle, en posant les bases de la réflexion sur les droits des femmes.

Voici une synthèse des grandes figures féminines emblématiques de la Révolution, classées par leurs modes d'engagement :

1. Les théoriciennes et pionnières des droits
 Femme de lettres et pionnière du féminisme universel. Auteure de la célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), elle affirme : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » Abolitionniste et opposée aux excès de la Terreur, elle est guillotinée en 1793. 
 Philosophe et femme de lettres britannique venue s'installer à Paris pendant la Révolution. Auteure du texte fondateur Défense des droits de la femme (1792), elle y prône l'accès des femmes à une éducation nationale mixte et égale. 
Écrivaine et historienne, elle est la première femme à fonder et diriger un journal politique (Le Journal d'état et du citoyen). Pionnière de la presse républicaine libre, elle participe à la pétition du Champ-de-Mars en 1791.
 
2. Les stratèges politiques et égéries des salons 
 
Jeanne-Marie Phlipon  : Égérie du parti des Girondins et épouse du ministre de l'Intérieur Jean-Marie Roland. Dans l'ombre des institutions, son salon politique réunit les plus grands dirigeants républicains modérés. Elle rédige la correspondance et les discours officiels de son mari. Condamnée sous la Terreur, elle lance au pied de l'échafaud : « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

plus connue sous le nom de Madame de Staël, est l'une des figures intellectuelles, littéraires et politiques les plus puissantes de la Révolution française, du Directoire et du Premier Empire. Romancière d'avant-garde, pionnière du romantisme européen et théoricienne du libéralisme politique, elle a tenu tête à Napoléon Bonaparte et façonné la pensée politique moderne
 
 3. Les militantes populaires et combattantes

 Chocolatière parisienne et figure de l'aile radicale sans-culotte. En 1792, elle réclame à la barre de l'Assemblée le droit pour les femmes de créer une garde nationale féminine et de porter les armes.
Comédienne de province devenue révolutionnaire, blessée lors de la prise des Tuileries le 10 août 1792. Elle cofonde avec Pauline Léon  la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires (1793), premier club politique exclusivement féminin.
Surnommée la « Belle Liégeoise », elle participe aux grandes journées révolutionnaires armée d'un sabre et d'un pistolet, militant pour la création de « bataillons d'Amazones ».

Surnommée la « Reine des Halles », Louise-Reine Audu est l'une des figures populaires les plus marquantes et charismatiques de la Révolution française. Marchande de fruits aux Halles de Paris, elle incarne la force de frappe et le leadership des femmes du peuple lors des grandes journées révolutionnaires.  
Groupe collectif incontournable du peuple parisien. Elles mènent la célèbre Marche des femmes sur Versailles (5-6 octobre 1789) pour réclamer du pain et contraindre Louis XVI à s'installer à Paris.
 À partir de 1792, alors que la République est proclamée et que la Terreur s’installe, ces femmes occupent une place bien précise : les tribunes de la Convention nationale et du Tribunal révolutionnaire. Elles soutiennent les sans‑culottes, les Montagnards, la politique de Terreur.
4. Les témoins, figures romantiques et figures de rupture


Épouse du journaliste et député Camille Desmoulins. Incarnation du dévouement amoureux et de la sensibilité romantique, elle est guillotinée à 23 ans sous la Terreur après l'exécution de son mari.

Épistolière bourgeoise et jacobine. Sa correspondance quotidienne avec son époux et son fils constitue un témoignage historique inestimable sur la vie sous la Terreur et les rouages du pouvoir.

Issue de la petite noblesse normande et proche des Girondins. Convaincue d'arrêter la guerre civile et la Terreur, elle assassine le député montagnard Jean-Paul Marat dans sa baignoire le 13 juillet 1793.
5. Figure involontairement politique

autoproclamée « Mère de Dieu », est l'une des figures les plus singulières et involontairement politiques de la Révolution française. Au cœur de « l'affaire Catherine Théot », une machination politique orchestrée au printemps 1794.

Bien qu'exclues des institutions officielles, ces femmes ont été des actrices incontournables de la Révolution française.
Si la Révolution s'est achevée sans leur accorder la citoyenneté politique, le courage et les écrits d'Olympe de Gouges, de Madame de Staël ou des héroïnes des Halles ont jeté les bases des grandes luttes pour l'émancipation féminine des siècles suivants.


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