Rosalie Jullien (1744–1824)

 

Rosalie Jullien, née Rosalie Ducrollay (1744–1824), est l'une des témoins les plus précieuses de la Révolution française. Bourgeoise cultivée, républicaine sincère et épistolière infatigable, elle a laissé une correspondance privée monumentale qui offre un éclairage intime, lucide et saisissant sur les bouleversements politiques de son temps et la vie quotidienne sous la Terreur.

Née dans une famille bourgeoise commerçante de Pontoise, Rosalie reçoit une éducation soignée. En 1781, elle épouse Marc-Antoine Jullien, un administrateur et futur député de la Drôme à la Convention nationale.
L'influence de Rousseau : Passionnée par la philosophie des Lumières, elle voue une véritable dévotion aux idées de Jean-Jacques Rousseau, qu'elle applique rigoureusement à l'éducation de ses fils.
Mère de républicains : Elle élève son fils aîné, Marc-Antoine Jullien dit « Jullien de Paris » (1775–1848), dans le culte de la vertu civique. Celui-ci deviendra, à seulement 18 ans, l'un des plus jeunes et influents agents secrets du Comité de salut public et un proche protégé de Robespierre.

 Lorsque la Révolution éclate en 1789, Rosalie s'installe à Paris tandis que son mari voyage ou siège dans la Drôme. Pour maintenir le lien familial, elle entame une correspondance quasi quotidienne avec son époux et son fils.
Rosalie Jullien  est l'auteur d'une correspondance de 750 lettres environ entre 1775 et 1810 qui offre un intéressant exemple de l'esprit jacobin
 Ce réseau de lettres, conservé aux Archives nationales, constitue une chronique historique exceptionnelle.
Un regard politique affûté :
Elle fréquente les tribunes de l'Assemblée nationale, du Club des Jacobins et de la Société fraternelle des deux sexes. Ses analyses des débats et des acteurs politiques (Robespierre, Danton, Brissot) révèlent une compréhension fine des enjeux de pouvoir.
Le quotidien de la crise :
Ses lettres racontent avec réalisme la vie parisienne : l'inflation, les files d'attente devant les boulangeries, le sentiment d'insécurité, mais aussi la ferveur patriotique des fêtes révolutionnaires.


Pendant la période de la Convention montagnarde (1793–1794), Rosalie Jullien soutient fermement Maximilien de Robespierre, en qui elle voit l'incarnation de la vertu républicaine rousseauiste. 
Durant le directoire elle est tentée par le mouvement babouviste qui veut restaurer les principes révolutionnaires mais effrayée par ses conceptions sur la propriété.
Sous le consulat La personnalité de Bonaparte suscite par ailleurs son enthousiasme ; mais elle redoute rapidement les dangers de son ambition.

 

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