Lucile Desmoulins, (1770–1794)
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| Lucile Desmoulins, (1770–1794) |
née Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis (1770–1794), est l'une des figures les plus touchantes et emblématiques de la Révolution française. Incarnation de la sensibilité romantique et de la passion amoureuse sous la Terreur, elle est restée dans l'Histoire pour son dévouement absolu envers son mari, le journaliste et député Camille Desmoulins, qu'elle suivit jusque sur l'échafaud.
Fille d'un premier commis au contrôle général des Finances, Lucile Duplessis grandit dans une bourgeoisie aisée et cultivée. Elle tient très jeune un Journal intime précieux, où se révèlent sa grande sensibilité, ses promenades contemplatives et sa lecture passionnée de Jean-Jacques Rousseau. Un amour d'adolescence : À peine âgée de 13 ans, elle rencontre Camille Desmoulins, un jeune avocat sans fortune de dix ans son aîné, ami intime de la famille.
L'opposition paternelle : Pendant des années, son père refuse ce mariage en raison de la situation financière précaire de Camille.
Le mariage du 29 décembre 1790 : Le succès politique et journalistique de Camille sous la Révolution débloque la situation. Leur mariage à l'église Saint-Sulpice devient un véritable événement républicain : parmi les témoins figurent de grands noms de la Révolution comme Maximilien de Robespierre, Jérôme Pétion et Jacques-Pierre Brissot.
En 1792, le couple donne naissance à un fils, Horace-Camille Desmoulins, dont Robespierre accepte d'être le parrain.
Le foyer des Desmoulins, situé près de l'actuel théâtre de l'Odéon à Paris, devient un lieu de rencontre chaleureux pour la faction modérée des Cordeliers.
Proche de Georges Danton et de son épouse Gabrielle, Lucile soutient activement les prises de position politiques de son mari. Lorsque Camille fonde son journal Le Vieux Cordelier en décembre 1793 pour dénoncer les excès de la Terreur, réclamer un « Comité de clémence » et la libération des suspects, Lucile partage pleinement son idéal de justice et de modération.
L'affrontement entre les Indulgents (Danton, Desmoulins) et le Comité de salut public (Robespierre, Saint-Just) atteint son paroxysme en germinal an II (mars-avril 1794)
31 mars 1794
Arrestation nocturne de Camille Desmoulins et de Danton.
5 avril 1794
Exécution de Camille Desmoulins et Danton sur la place de la Révolution.
13 avril 1794
Exécution de Lucile Desmoulins, accusée de conspiration.
Après l'arrestation de son mari, Lucile ne cesse d'errer autour de la prison du Luxembourg, tentant désespérément d'apercevoir Camille, d'alerter l'opinion et d'écrire à Robespierre pour le supplier d'épargner son ami d'hier.
Sa ferveur est immédiatement instrumentalisée par Saint-Just et le Tribunal révolutionnaire : elle est accusée d'avoir voulu orchestrer une révolte des prisonniers et une conspiration pour délivrer Danton et Desmoulins et renverser la République.
Arrêtée et conduite à la Conciergerie, elle fait preuve d'un courage impressionnant devant le Tribunal révolutionnaire. Témoignant d'un calme absolu, elle se réjouit même d'être condamnée, y voyant le moyen de rejoindre son époux.
Ses derniers mots : Envoyée à l'échafaud le 13 avril 1794, elle s'habille avec soin et déclare sur la charrette :
« En me jetant dans le tombeau, on me rend plus de service qu'on ne m'en ôte. » Elle est guillotinée aux côtés de la veuve de Jacques-René Hébert, réunissant tragiquement dans la mort les deux factions opposées de la Révolution.
