la « Reine des Halles », Louise-Reine Audu
Surnommée la « Reine des Halles », Louise-Reine Audu est l'une des figures populaires les plus marquantes et charismatiques de la Révolution française. Marchande de fruits aux Halles de Paris, elle incarne la force de frappe et le leadership des femmes du peuple lors des grandes journées révolutionnaires.
Lors de la marche sur Versailles, Reine Audu se distingue immédiatement par sa poigne et son sens de l'organisation.
À la tête de la foule : Elle marche en première ligne, sabre au poing ou pistolet à la ceinture selon les récits, haranguant les femmes et maintenant la discipline du cortège.
Négociatrice face au Roi : À leur arrivée à Versailles, elle fait partie de la toute première délégation de femmes reçues directement par Louis XVI pour exiger du pain et le ravitaillement de la capitale.
Le retour triomphal : Le lendemain, lors du retour de la famille royale à Paris, elle chevauche fièrement à côté des canons ou du carrosse royal, devenant un symbole vivant de la victoire populaire. Pour sa bravoure, la Commune de Paris lui remet un sabre d'honneur.
Après octobre 1789, Reine Audu ne prend pas sa retraite politique. Très proche du district des Cordeliers (le courant le plus radical, aux côtés de Danton et Marat), elle devient une figure clé de ses assemblées populaires .
L'arrestation de 1790 : En raison de son radicalisme, elle est arrêtée et incarcérée au Châtelet puis à la Conciergerie pendant plus d'un an sans véritable procès. Sa détention suscite une vive indignation chez les patriotes parisiens, qui réclament sa libération.
Libérée grâce au soutient du Club des Cordeliers et de la pression populaire, elle reprend les armes le 10 août 1792 lors de la chute de la monarchie. On la voit au premier rang de l'assaut contre le palais des Tuileries, combattant aux côtés des Fédérés.
Éprouvée par ses longs mois de prison et la violence des combats de 1792, Reine Audu sombre peu à peu dans la folie et la précarité. L'Assemblée nationale lui vote une aide financière en reconnaissance de ses services à la Patrie, mais sa santé mentale ne se rétablit pas. Elle meurt dans l'oubli autour de 1793 ou 1794, à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu ou dans un asile parisien, laissant le souvenir d'une des héroïnes populaires les plus intrépides de la Révolution.
Sa figure a été remise en lumière dans le film Un peuple et son roi de Pierre Schœller.

