Germaine de Staël (1766–1817),

 


Germaine de Staël (1766–1817),  

plus connue sous le nom de Madame de Staël, est l'une des figures intellectuelles, littéraires et politiques les plus puissantes de la Révolution française, du Directoire et du Premier Empire. Romancière d'avant-garde, pionnière du romantisme européen et théoricienne du libéralisme politique, elle a tenu tête à Napoléon Bonaparte et façonné la pensée politique moderne.
               
Née à Paris sous le nom d'Anne-Louise-Germaine Necker, elle est la fille de Jacques Necker, le célèbre banquier genevois devenu ministre des Finances du roi Louis XVI, et de Suzanne Curchod. Une éducation d'exception : Élevée au cœur du salon littéraire de sa mère, la jeune Germaine grandit au contact direct des plus grands esprits des Lumières : Diderot, d'Alembert, Buffon ou Marmontel.
Un mariage de raison : En 1786, elle épouse le baron d'Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Suède en France, ce qui lui procure le statut diplomatique d'ambassadrice et une grande indépendance financière et sociale.

 Fervente admiratrice des institutions parlementaires britanniques, Madame de Staël défend une monarchie constitutionnelle puis une République modérée, rejetant avec la même force l'absolutisme royaliste et le radicalisme jacobin.
Le salon de l'hôtel de Salm 
Durant la Révolution et le Directoire, son salon politique devint le centre névralgique du libéralisme modéré.
Elle y réunit les penseurs constitutionnels (Benjamin Constant, avec qui elle noue une célèbre relation passionnelle et politique, Talleyrand, Condorcet ou Marie-Joseph Chénier). L'influence de l'ombre : Elle manœuvre pour faire nommer des ministres libéraux (comme Talleyrand aux Affaires étrangères en 1797) et publie Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, l'un des premiers essais d'analyse historique et politique de la période.

L'ascension de Napoléon Bonaparte marque le début d'un affrontement titanesque entre deux personnalités d'exception.
Une opposition de principes : Dès le coup d'État du 18 Brumaire (1799), Madame de Staël perçoit chez Bonaparte les germes du despotisme militaire et du pouvoir personnel. De son côté, Napoléon craint l'esprit critique, le réseau d'influence et l'éloquence de celle qu'il qualifie de « machine à faire du sentiment ».
1803
Napoléon lui interdit de résider à Paris et dans un rayon de 40 lieues autour de la capitale.
1810
Saisie et destruction par la censure impériale de son essai majeur De l'Allemagne, jugé « non français ».
Exil à Coppet Son château de Coppet (Suisse) devient le refuge de l'élite intellectuelle européenne en résistance contre le système napoléonien (le Groupe de Coppet).

 Au-delà de son engagement politique, Madame de Staël est une théoricienne littéraire d'une importance capitale : Invention du Romantisme : Avec son ouvrage De l'Allemagne (finalement publié à Londres en 1813), elle introduit en France le romantisme allemand (Goethe, Schiller) et théorise la rupture avec le classicisme strict.
Ses romans féministes : Dans Delphine (1802) et Corinne ou l'Italie (1807), elle met en scène des femmes d'exception confrontées aux préjugés sociaux et revendique le droit des femmes à l'épanouissement intellectuel et sentimental.

Revenue triomphalement à Paris après la chute de Napoléon lors de la Restauration, elle s'éteint en 1817. Madame de Staël a prouvé qu'une femme pouvait s'imposer comme un acteur politique de premier plan et une penseuse universelle, faisant le pont entre la philosophie des Lumières et le romantisme du XIXᵉ siècle.

Posts les plus consultés de ce blog

Les Femmes figures emblématiques de la Révolution

LES ARTICLES DU BLOC PAR THEMES

Olympe de Gouges (1748–1793)

Les Trois Urnes d’Olympe de Gouges

Les femmes du 6 octobre 1789