Statut des femmes en 1794
En 1794, les femmes passent :
de la mobilisation massive de 1793,
à une mise à l’écart politique progressive,
puis à un effacement quasi total après Thermidor (27 juillet 1794).
Elles n’ont plus de clubs, plus de tribunes, plus de réunions autorisées. Leur rôle se limite à la subsistance, aux soins, et à la vie domestique — par décision politique.
1794 est une année double :
Avant Thermidor (janvier–juillet 1794)
La Terreur est à son apogée.
Les sans‑culottes dominent les sections.
Les femmes sont surveillées, mais encore présentes dans les marchés et les fêtes civiques.
Après Thermidor (à partir du 27 juillet 1794)
Chute de Robespierre.
Reflux de la politique sans‑culotte.
Reprise en main par les modérés.
Exclusion des femmes de toute activité politique.
Héritage de l’interdiction des clubs féminins (octobre 1793)
Depuis le 30 octobre 1793, les clubs féminins sont interdits :
« Les sociétés populaires de femmes sont proscrites. »
En 1794, cette interdiction produit ses effets :
plus de réunions féminines,
plus de défilés,
plus de pétitions collectives,
plus de présence organisée dans les sections.
Les Citoyennes républicaines révolutionnaires ont disparu.
Les femmes dans les sections : une présence réduite
En 1794, les femmes :
n’ont plus le droit de prendre la parole,
n’ont plus le droit de se réunir,
n’ont plus le droit de porter des armes,
n’ont plus le droit de participer aux votes locaux.
Elles peuvent assister aux séances, mais sans intervenir. Leur rôle devient passif, surveillé, limité.
Les femmes des marchés : un rôle encore essentiel
Même en 1794, les femmes restent :
les actrices de la subsistance,
les surveillantes des prix,
les dénonciatrices des accapareurs.
Elles sont indispensables au contrôle du ravitaillement. Mais leur action est encadrée, surveillée, dépolitisée.
Figures féminines en 1794
Théroigne de Méricourt
Internée à la Salpêtrière après son agression de 1793.
Absente de la vie publique.
Symbole de la violence politique contre les femmes.
Pauline Léon
Réduite au silence après l’interdiction du club féminin.
Sous surveillance.
Claire Lacombe
Arrêtée en 1794.
Disparaît de la scène politique.
Les femmes des faubourgs
Toujours actives dans la subsistance.
Mais exclues de la politique.
Après le 27 juillet 1794, les thermidoriens veulent :
affaiblir les sans‑culottes,
réduire les mobilisations populaires,
restaurer l’ordre social traditionnel.
Les femmes sont considérées comme :
trop turbulentes,
trop présentes dans les marchés,
trop proches des sans‑culottes.
Elles sont donc écartées.
Mesures thermidoriennes
exclusion des tribunes,
interdiction de se rassembler,
surveillance accrue,
répression des attroupements féminins.
En 1794, les femmes :
n’ont plus de clubs,
n’ont plus de tribunes,
n’ont plus de réunions,
n’ont plus de porte‑parole,
n’ont plus de visibilité politique.
Elles sont citoyennes de la République, mais sans droits, sans voix, sans espace public.