la Société fraternelle de l'un et l'autre sexe
Fondée en novembre 1790 par l'instituteur Claude Dansard, la Société fraternelle de l'un et l'autre sexe (aussi appelée Société fraternelle des patriotes des deux sexes) est l'une des organisations les plus novatrices de la Révolution française.
Elle se réunissait au couvent des Jacobins à Paris, dans la même salle que le célèbre Club des Jacobins, mais à des heures différentes (souvent le soir) pour permettre aux travailleurs d'y assister.
Contrairement aux grands clubs politiques réservés aux hommes aisés (« citoyens actifs » payant l'impôt), ce club accueillait les femmes, les enfants et les citoyens modestes (« citoyens passifs »).
À sa création, le but principal était de lire, d'expliquer et d'alphabétiser le peuple autour des décrets de l'Assemblée nationale et de la Déclaration des droits de l'homme.
Au fil des mois, le club est devenu un véritable laboratoire politique démocratique et féministe :
Des figures majeures de la Société fraternelle de l'un et l'autre sexe, Louise-Félicité de Kéralio ou Théroigne de Méricourt y ont prononcé des discours marquant pour réclamer l'égalité politique, le droit au divorce et l'accès des femmes aux emplois civils et militaires.
Au fil des mois, la société évolue d'un simple espace de lecture pédagogique vers un véritable laboratoire d'idées républicaines et démocratiques.
En 1791, elle s'oppose fermement à la fuite du roi à Varennes et soutient activement la pétition demandant la déchéance de Louis XVI (qui mènera à la fusillade du Champ-de-Mars).
Proche des Cordeliers puis des Jacobins, elle soutient la lutte contre la traite et célèbre en 1794 l'abolition de l'esclavage décrétée par la Convention.
Avec la chute de Robespierre et la réaction thermidorienne à partir de l'été 1794, l'influence des clubs populaires décline rapidement. Les restrictions imposées aux réunions publiques et l'interdiction progressive des clubs politiques de femmes finissent par faire disparaître la société.
