Évolution du statut des femmes (1789 – 1795)
Évolution du statut des femmes (1789 – 1795)
La
Révolution française fut un moment de rupture radicale : elle abolit
les privilèges, proclama les droits de l’homme, mais laissa les femmes à
la marge de la citoyenneté.
Entre 1789 et 1795, leur statut oscilla entre espoir d’émancipation et retour à l’ordre patriarcal.
Une évolution en trois phases:
1789–1792 : ouverture Les femmes entrent dans l’espace public, participent aux journées révolutionnaires, fondent des clubs, écrivent, revendiquent.
1793 : apogée puis interdiction Création du premier club féminin officiel.
1794–1795 : exclusion Les femmes sont légalement écartées de toute activité politique.
1789 : naissance d’un espoir
Les femmes participent activement aux journées révolutionnaires : elles marchent sur Versailles, réclament du pain, interpellent le roi. « les femmes du 6 octobre »
Les Cahiers de doléances contiennent déjà des revendications féminines : droit au travail, à l’éducation, à la reconnaissance civile.
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (août 1789) proclame l’égalité des droits… mais exclut les femmes du champ politique.
Statut : citoyennes actives dans la rue, mais exclues du droit politique
Entre 1789 et 1795, leur statut oscilla entre espoir d’émancipation et retour à l’ordre patriarcal.
Une évolution en trois phases:
1789–1792 : ouverture Les femmes entrent dans l’espace public, participent aux journées révolutionnaires, fondent des clubs, écrivent, revendiquent.
1793 : apogée puis interdiction Création du premier club féminin officiel.
1794–1795 : exclusion Les femmes sont légalement écartées de toute activité politique.
1789 : naissance d’un espoir
Les femmes participent activement aux journées révolutionnaires : elles marchent sur Versailles, réclament du pain, interpellent le roi. « les femmes du 6 octobre »
Les Cahiers de doléances contiennent déjà des revendications féminines : droit au travail, à l’éducation, à la reconnaissance civile.
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (août 1789) proclame l’égalité des droits… mais exclut les femmes du champ politique.
Statut : citoyennes actives dans la rue, mais exclues du droit politique
1790 — Premiers clubs féminins et politisation
Naissance des sociétés de femmes, cercles de lecture, participation aux sections.
Les femmes prennent la parole dans les clubs mixtes (Cordeliers, Amis de la Loi version 1790).
Débats sur l’égalité civile : droit au divorce évoqué mais non encore voté.
Statut : les femmes deviennent actrices politiques locales, oratrices, pétitionnaires.
1791 : l’engagement politique et social
Les clubs féminins se multiplient : le Club des citoyennes républicaines révolutionnaires, fondé par Pauline Léon et Claire Lacombe, réclame le port des armes pour les femmes et l’égalité politique.
Les sans‑culottes et les tricoteuses incarnent la présence féminine dans la rue et les assemblées.
Les femmes participent aux sections révolutionnaires, surveillent les marchés, dénoncent les accapareurs.
Elles deviennent des actrices politiques, mais leur visibilité dérange : la société patriarcale supporte mal leur parole publique.
Olympe de Gouges rédige en 1791 sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, affirmant :
« La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. »
1792 Les femmes deviennent citoyennes actives
Avril 1792 : les femmes obtiennent le droit au divorce (confirmé).
Juin–août 1792 : participation massive aux journées révolutionnaires.
Septembre 1792 : les femmes assistent aux débats de la Convention.
Création de clubs féminins plus structurés.
1793 : apogée et répression
L’année 1793 marque à la fois leur puissance et leur chute.
Printemps 1793 : apogée
Mai 1793 : fondation des Citoyennes républicaines révolutionnaires, premier club féminin officiel.
Les femmes défilent armées, réclament du pain, soutiennent la Montagne.
Théroigne de Méricourt, Claire Lacombe, Pauline Léon deviennent des figures politiques.
Automne 1793 : rupture
30 octobre 1793 : la Convention interdit tous les clubs de femmes.
Motif : « les femmes troublent l’ordre public ».
Début de l’exclusion politique.
Olympe de Gouges est guillotinée pour ses idées jugées trop audacieuses.
Le Club des citoyennes républicaines est interdit : la Convention considère que les femmes doivent « rester dans le domaine domestique ».
La Terreur renforce le contrôle social : les femmes sont célébrées comme mères et épouses, non comme citoyennes.
La Révolution, qui promettait l’égalité, réaffirme la domination masculine.
1794 Silence imposé Après Thermidor, les femmes sont écartées des sections, des tribunes, des assemblées.
Les militantes sont surveillées, parfois arrêtées.
Théroigne de Méricourt disparaît de la vie publique après son agression de 1793.
1795 : retour à l’ordre patriarcal
Le printemps 1795 est marqué par une série de soulèvements populaires, notamment :
1er avril 1795 Insurrection du 12 germinal an III Le peuple de Paris, affamé, envahit la Convention pour réclamer du pain et la fin de la misère. Les femmes sont nombreuses dans les cortèges : elles crient, bousculent, exigent que les députés voient la réalité de la faim.
20–22 mai 1795 — Insurrection du 1er prairial an III C’est l’une des plus grandes révoltes populaires de la période. Les femmes jouent un rôle central : elles sont en première ligne, portent les pétitions, haranguent les députés, poussent les hommes à ne pas reculer.
Les insurrections de 1795 sont :
la dernière tentative du peuple pour influencer la Révolution,
la fin du rêve d’une démocratie directe portée par les sans-culottes,
le début d’un retour à l’ordre qui mènera au Directoire, puis à Napoléon.
Elles montrent aussi que, malgré les interdictions et les violences, les femmes ont continué à défendre leurs droits, leur dignité et leur place dans la cité.
Le Directoire (1795–1799) impose une vision conservatrice :
La répression est implacable.
Arrestations massives.
Exécutions.
Déportations.
interdiction pour les femmes de se réunir en clubs,
limitation de leur présence dans les espaces publics,
Désarmement des sections populaires.
Fin définitive de l’influence politique des sans‑culottes.
Prairial marque la mort du mouvement populaire révolutionnaire.
Malgré la répression, la Révolution a semé les graines de l’émancipation :
Affirmation du principe d’égalité naturelle entre les sexes.
Naissance d’une conscience politique féminine.
Premières revendications pour l’éducation, le travail, et la représentation.
Ces femmes Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Pauline Léon, Claire Lacombe, et les anonymes des Halles ont ouvert la voie à la lutte pour les droits civiques du XIXᵉ siècle
Le Club des citoyennes républicaines est interdit : la Convention considère que les femmes doivent « rester dans le domaine domestique ».
La Terreur renforce le contrôle social : les femmes sont célébrées comme mères et épouses, non comme citoyennes.
La Révolution, qui promettait l’égalité, réaffirme la domination masculine.
1794 Silence imposé Après Thermidor, les femmes sont écartées des sections, des tribunes, des assemblées.
Les militantes sont surveillées, parfois arrêtées.
Théroigne de Méricourt disparaît de la vie publique après son agression de 1793.
1795 : retour à l’ordre patriarcal
Le printemps 1795 est marqué par une série de soulèvements populaires, notamment :
1er avril 1795 Insurrection du 12 germinal an III Le peuple de Paris, affamé, envahit la Convention pour réclamer du pain et la fin de la misère. Les femmes sont nombreuses dans les cortèges : elles crient, bousculent, exigent que les députés voient la réalité de la faim.
20–22 mai 1795 — Insurrection du 1er prairial an III C’est l’une des plus grandes révoltes populaires de la période. Les femmes jouent un rôle central : elles sont en première ligne, portent les pétitions, haranguent les députés, poussent les hommes à ne pas reculer.
Les insurrections de 1795 sont :
la dernière tentative du peuple pour influencer la Révolution,
la fin du rêve d’une démocratie directe portée par les sans-culottes,
le début d’un retour à l’ordre qui mènera au Directoire, puis à Napoléon.
Elles montrent aussi que, malgré les interdictions et les violences, les femmes ont continué à défendre leurs droits, leur dignité et leur place dans la cité.
Le Directoire (1795–1799) impose une vision conservatrice :
La répression est implacable.
Arrestations massives.
Exécutions.
Déportations.
interdiction pour les femmes de se réunir en clubs,
limitation de leur présence dans les espaces publics,
Désarmement des sections populaires.
Fin définitive de l’influence politique des sans‑culottes.
Prairial marque la mort du mouvement populaire révolutionnaire.
Malgré la répression, la Révolution a semé les graines de l’émancipation :
Affirmation du principe d’égalité naturelle entre les sexes.
Naissance d’une conscience politique féminine.
Premières revendications pour l’éducation, le travail, et la représentation.
Ces femmes Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Pauline Léon, Claire Lacombe, et les anonymes des Halles ont ouvert la voie à la lutte pour les droits civiques du XIXᵉ siècle
