Les cercles féminins dans la Révolution française (1789–1793)
Les cercles féminins dans la Révolution française (1789–1793)
Premiers espaces de sociabilité politique des citoyennes
Les cercles féminins sont les premières formes d’organisation politique des femmes pendant la Révolution. Ils apparaissent dès 1789, se développent en 1790‑1791, se radicalisent en 1792, et débouchent en 1793 sur la création du premier club féminin officiel : les Citoyennes républicaines révolutionnaires.
Ces cercles sont non officiels, souvent informels, mais ils jouent un rôle décisif dans la politisation des femmes. Cinquante six clubs de femmes ont été recensés entre 1789 et 1793. En
général, leurs rapports sont très étroits avec les clubs masculins des mêmes villes
dans lesquels sont inscrits maris, pères et frères. Certains de ces clubs avaient
encouragé à la création de sociétés féminines ; ils collaboraient pour l'organisation
des fêtes, et parfois pour l'émission de pétitions. Les membres proviennent, le plus
souvent, de la bourgeoisie mais aussi du monde de l'artisanat et de la boutique ; les
"citoyennes peu fortunées", minoritaires, ne sont pas totalement absentes.
Entre 1789 et 1793, la France voit :
-la naissance des clubs patriotes,
-la multiplication des journaux,
-la création des sections,
-l’essor des débats publics.
Les femmes, très présentes dans les marchés et les quartiers populaires, s’emparent de ces nouveaux espaces pour s’instruire et débattre.
Un cercle féminin est un groupe de citoyennes qui se réunit pour :
-lire les journaux patriotes,
-commenter les décrets de l’Assemblée,
-débattre des événements politiques,
-rédiger des pétitions,
-organiser des actions collectives.
Ces cercles sont :
non officiels,
non reconnus par la loi,
tolérés, parfois encouragés dans les quartiers populaires.
Ils préfigurent les clubs féminins structurés de 1792‑1793.
Activités principales des cercles féminins
Les femmes lisent :
L’Ami du peuple,
Le Père Duchesne,
Les Révolutions de Paris,
les décrets de l’Assemblée.
Elles apprennent les principes de :
la souveraineté nationale,
la Constitution,
les droits civiques.
Les cercles discutent :
du prix du pain,
de la guerre (1792),
de la chute de la monarchie,
de la place des femmes dans la nation.
Ces débats sont les premiers espaces de parole politique féminine.
Les femmes rédigent des pétitions pour :
la baisse des prix,
la protection contre la spéculation,
l’accès aux assemblées,
l’armement des citoyennes (Pauline Léon, 1792).
Les cercles féminins participent à :
la journée du 20 juin 1792,
la prise des Tuileries (10 août 1792),
les fêtes civiques,
les actions dans les sections.
Malgré leur dynamisme, les cercles féminins se heurtent à :
-l’exclusion du vote,
-la méfiance des députés,
-l’idée que la citoyenneté est masculine,
-des refus explicites dans les sections.
Ils restent informels, car la loi ne reconnaît pas la participation politique des femmes.
